Histoire de la ville

Alfortville est née voici plus de 120 ans.


Sa naissance, avant même d’être certifiée par le Journal Officiel de la Troisième République, résulte d’abord de l’expansion économique du XIXe siècle.


Dans notre pays, qui subit le choc de deux révolutions, d’un retour de la monarchie, puis de l’Empire, Paris et les villages avoisinants connaissent une métamorphose sans précédent.


Le chemin de fer et la construction de gares tout autour de la capitale modifient les habitudes et le rythme de vie des habitants de ce qu’on appelle alors « le département de la Seine ».

Le chemin de fer prédestine la création de notre ville

Le développement de notre ville, qui n’est alors qu’un lieu-dit, une « section » de Maisons comme l’indiquent les actes administratifs de l’époque, s’inscrit dans ce bouleversement de la région parisienne.

La Plaine de Maisons a, en effet, été coupée en deux par la construction de la voie ferrée du Paris-Lyon-Marseille, qui sépare d’une ligne infranchissable les habitants du bourg de Maisons-Alfort, de ceux du hameau d’Alfortville.


JPEGVers 1850, le seul lieu de passage est la gare maisonnaise. Dès lors, il semble difficile de concevoir un avenir commun pour la population de ces deux zones distinctes. D’autant qu’à cette même époque, le hameau alfortvillais n’est plus, comme au début du siècle, cette large plaine où dominent encore des terres peu fertiles et souvent inondées par la Seine et la Marne qui se rejoignent à la pointe nord de son territoire.


Depuis 1829, un pont le relie à Ivry et une rue a été aménagée dans son prolongement.

Plus tard, entre 1861 et 1863, un barrage est construit au Port à l’Anglais, sur le sol de Vitry-sur- Seine et de Maisons. Les habitants défrichent, remblaient, et trouvent l’énergie et l’argent nécessaires pour créer les fondations de notre commune.

Les « Alfortvillais » obtiennent leur école

L’expansion démographique de ce hameau de moins en moins isolé, bordé par la Seine et la voie ferrée, suscite des interrogations au sein du Conseil Municipal de Maisons.


En 1873, les nouveaux arrivants désireux de construire dans le hameau d’Alfortville sont informés qu’ils « ne pourront prétendre à aucune indemnité communale en cas d’inondations » !
Mais les futurs Alfortvillais ne veulent rien entendre. Ils considèrent ce territoire comme le leur.

Ecole de filles - Alfortville {JPEG}La première école que les habitants avaient décidé d’installer en 1871, rue de l’Union, n’étant plus assez grande, ils adressent une pétition afin d’obtenir l’édification d’un groupe scolaire digne de ce nom. Dans un premier temps, le Conseil Municipal de Maisons leur adresse une fin de non-recevoir, refusant de leur accorder la « maison d’école » tant souhaitée.

Ecole de garçons - Alfortville {JPEG}Nullement découragées, les familles concernées verront leur troisième réclamation couronnée de succès, et des crédits seront finalement votés aux budgets de 1872 et 1873 pour la construction d’un nouvel établissement scolaire. A cette même époque, la voie ferrée du Paris-Lyon-Marseille d’un côté, la Seine et la Marne de l’autre, confèrent à notre « presqu’île » de 350 hectares des atouts indiscutables pour les entrepreneurs industriels.

Les premières forges s’installent, ainsi qu’une pompe à eau.

4000 habitants dans une ville qui n’existe pas encore !

Par ailleurs, nombreux sont ceux qui veulent croire en l’avenir d’Alfortville.
La future commune compte, deux ans avant sa création officielle, près de 4000 habitants. Il s’agit, pour la plupart, de modestes ouvriers, sans rapport avec leurs voisins d’outre voie.


Tous sont animés d’une aspiration commune : disposer d’un logement décent et profiter de tous les avantages d’une ville nouvelle.

Un anniversaire souriant

L’esprit du texte qu’ils font parvenir le 25 avril 1883 au Maire de Maisons pour réclamer la « mise en commune » de leur secteur, témoigne de cette volonté d’obtenir leur indépendance communale sous l’égide des lois républicaines.

«  Alfortville  », écrivent les pétitionnaires, «  a toujours eu le sentiment très vif et très net de son individualité : il a su l’imposer aux autres.
Ivry, Charenton, Créteil et ses voisins, Maisons même, ont, dès son origine et constamment depuis, reconnu Alfortville, non pas simplement comme un quartier de la commune de Maisons-Alfort, mais comme une localité vivant sa propre vie, ayant sa physionomie et son caractère distinctifs, comme un groupe parfaitement tranché… »


Hôtel de ville - juin 1904 {JPEG}L’acte de naissance, tant attendu, est signé par le Président de la République Jules Grévy et par son Ministre de l’Intérieur Waldeck Rousseau ; cette loi de 1885 nous attribue un anniversaire souriant : le 1er avril ! Obtenue après deux ans d’enquêtes et de votes à tous les échelons, la signature de la « loi érigeant Alfortville en commune distincte », va procurer à tous ceux qui la réclamaient, une énergie nouvelle.
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En deux décennies, les premiers Alfortvillais vont réaliser un prodige et construire une véritable agglomération. De petits pavillons y côtoient des immeubles de trois, quatre et parfois même cinq étages !

Les nouvelles voiries conçues selon les règles de l’urbanisme moderne apportent aux habitants un confort appréciable. Les édifices publics contribuent à donner à la ville sa spécificité.
Construite en 1887, notre mairie s’impose comme le bâtiment-phare. Grâce au petit « clocher » qui la surmonte, elle offre l’heure à toute la ville. Il faudra attendre cinq ans de plus pour entendre sonner l’angélus de la première église d’Alfortville, Notre-Dame.

Les leçons de l’histoire

De ce passé hors du commun, Alfortville a su garder un bien qui a fait le ferment de notre nation : la fraternité. Une fraternité directement inspirée des idéaux de la IIIe République, que les pères fondateurs de notre ville, parmi lesquels de nombreux libres-penseurs ou francs-maçons ont contribué à propager en oeuvrant pour le progrès social et la laïcisation de notre espace communal.

Ville ouvrière à ses débuts — à la différence de Maisons-Alfort où résidaient de vieilles familles paysannes — c’est dans l’adversité qu’Alfortville a forgé son identité.


Décrue de la seine - 1910 - Rue de Villeneuve {JPEG}Il lui a fallu résister à l’inertie de pouvoirs locaux, peu pressés de satisfaire ses désirs d’autonomie ; lutter contre les crues qui vinrent, trois fois en cinq ans (1876, 1880, 1881), détruire le travail accompli ; trouver enfin les débouchés nécessaires à son épanouissement économique.

Mais ces combats communs ont été récompensés.


Alfortville a été l’une des pionnières dans la construction de logements HLM. 
Dès 1921, l’ancêtre de notre Office de l’Habitat Social, devenu en 2008 LOGIAL-OPH, met en chantier des programmes ambitieux. Trois d’entre eux seront inaugurés bien avant la guerre : rue Etienne Dolet en 1927, rue Véron en 1931 et rue Edouard-Vaillant en 1933.
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Les municipalités successives s’attachent à offrir à leurs administrés une politique sociale ambitieuse, qui va au-delà des questions de logements. Le dispensaire municipal a été construit en 1924, le premier établissement de bains-douches a ouvert ses portes en 1933. Quant à la première crèche, elle a vu le jour en 1956.


Ce sens de la solidarité se traduit également par une tradition d’accueil. La communauté arménienne, solidement implantée dans notre ville, en témoigne aujourd’hui encore, près de 90 ans après l’arrivée de ses premiers représentants.

Les Alfortvillais se devaient d’ouvrir leurs portes à ces familles décimées et chassées de leur terre natale par le premier génocide du XXe siècle.

De même, nos concitoyens n’ont-ils pas hésité, au fil du temps, à accueillir toutes celles et tous ceux qui, venus d’Afrique, d’Europe ou d’ailleurs, selon les périodes, ont trouvé ici une population respectueuse de leur histoire.

Un nouveau logotype

Logo d'Alfortville

Pour valoriser le nom de la ville et affirmer plus encore son identité, nous avons souhaité voir apparaître début 2009 une nouvelle identité visuelle pour Alfortville.

Vidéothèque


La crue de 1910 à alfortville


Documents


Plan de la ville d’Alfortville vers 1900 et 1906 - Echelle 1/5000ème
État des communes à la fin du XIXe siècle. - Alfortville descriptif

1929 : il était une fois... les coopératives

On en parle dans Le Mag...