Interview de Khadija OUBOUMOUR - mai 2017

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Interview de Khadija OUBOUMOUR

Conseillère municipale déléguée
Développement durable

Commerces et territoires équitables

Conseillère territoriale T11


Interview donnée à l’occasion de l’édition 2017 du marché équitable

Suite à la COP 22 qui a eu lieu à Marrakech en novembre dernier, quelles avancées pour le Commerce équitable ?

Comme les deux années précédentes, malheureusement cette dix-septième édition nationale de la Quinzaine du Commerce équitable est placée encore sous le signe du réchauffement climatique.


Les études sont intransigeantes : le réchauffement du climat va empirer et mettre en danger des millions de gens qui vivent d’activités liées à l’agriculture et à l’eau. Ce qui a été déploré lors de cette 22e conférence mondiale, c’est l’absence d’actions internationales concrètes concernant l’agriculture : un secteur fortement soumis aux changements climatiques.


Sur les 29 articles de l’Accord de Paris, pas un seul ne traite d’agriculture, car cette question a toujours bloqué les négociations climatiques avec les grands pays industrialisés pollueurs.


D’ailleurs les avancées potentielles sur les négociations climatiques vont se compliquer suite aux élections américaines avec un Président élu anti-climat.
Le commerce équitable est reconnu comme outil de développement, il permet de diffuser les principes de l’agro-écologie et de la préservation de la biodiversité via un appui à l’agriculture biologique et paysanne. Ces systèmes agricoles permettent aux agriculteurs de s’adapter aux dérèglements climatiques.


Mais trouver les moyens d’assurer la sécurité alimentaire et par conséquent la Paix, ne pourra passer que par l’aide à l’investissement dans ces pays pour la construction de nouvelles infrastructures et une formation à une meilleure gestion de l’eau et des sols, ressources vitales pour la souveraineté alimentaire.


En novembre dernier, le jury national de la campagne Territoires de Commerce Equitable renouvelait sa confiance à Alfortville en lui attribuant, de nouveau, le label « Territoire de commerce équitable », avec une mention « d’Excellence ». Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?

Notre ville a été ville pilote en 2008, pour le lancement de cette campagne nationale, qui a pour objectif d’inciter les collectivités territoriales à s’inscrire dans une démarche de développement durable, en sensibilisant sa population au commerce équitable et en intégrant des achats responsables dans sa commande publique.


A ce propos, les achats publics représentent 15% du PIB en France, dont 60% par le biais des collectivités territoriales. Elles sont ainsi un levier important pour le commerce équitable.


Aujourd’hui, nous sommes 31 collectivités à être labellisées et plus d’une centaine est engagée dans la démarche.


A Alfortville, notre action est axée sur la sensibilisation et l’éducation à la consommation responsable et au développement durable. Nous avons encore bien prouvé cela avec le vote de la municipalité en septembre dernier de la Charte du Développement Durable déclinée en 7 engagements consultable sur le site de la ville. Nous avons noué des partenariats sur le long terme avec les établissements scolaires où les enseignants sont à l’écoute et demandeurs de ces actions mises en place comme projets de classes sur toute l’année scolaire.


Nous faisons de notre participation annuelle à la quinzaine du commerce équitable, un moment clé pour rencontrer les Alfortvillais et leur expliquer les enjeux et les impacts des échanges commerciaux mondiaux, et la solution d’un commerce plus juste qui respecte l’Homme et l’environnement, au Nord comme au Sud. Mais nous sommes conscients que la route est encore longue avant une généralisation d’un véritable commerce équitable ! Alors restons optimistes et mobilisés !


Interview donnée à l’occasion de l’édition 2016 du marché équitable

Quel est l’impact du Changement climatique sur le Commerce équitable ?

Cette année encore la 16ème édition de la Quinzaine du Commerce Equitable est placée sous le signe du réchauffement climatique. En décembre dernier, La COP 21 a démontrée clairement que l’activité humaine est la principale responsable du dérèglement climatique. L’impact de ces changements est inégal entre les pays Nord et les pays du Sud.


Effectivement, les petits producteurs du Sud sont les plus touchés. Le modèle du commerce conventionnel de la production massive et la consommation déraisonnée sont les causes et les facteurs aggravants du changement climatique. Le rapport récent du GIEC confirme que ces changements climatiques creusent les inégalités et exacerbent les vulnérabilités existantes dans les pays du Sud.


De plus, ce rapport publie également des chiffres inquiétants sur l’impact du changement climatique sur la santé, l’accès aux ressources en eau, sur le rendement agricole et sur la sécurité alimentaire et de façon plus générale sur la sécurité des populations. Les déséquilibres climatiques ont entrainé la perte de 50 % de leur production, mettant directement en péril leur vie quotidienne des petits producteurs.

Comment s’organisent les petits producteurs ?

Grâce à des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, les petits producteurs engagés dans le commerce équitable permettent d’alléger la facture du CO2. Les organisations des producteurs ont mise en place des projets afin d’adapter leurs cultures au changements climatiques.

Le commerce équitable est-il aussi Nord-Nord ?

Le commerce équitable était à l’origine un soutien envers les pays du Sud qui souffraient d’un décalage de développement. Mais aujourd’hui, avec la crise qui touche le monde entier, il a fallut redéfinir les principes du commerce équitable et notamment dans le secteur de l’agriculture paysanne et biologique avec les actions suivantes :

  • détermination d’un prix juste (calculé sur une analyse des coûts de production)
  • engagement de filière sur des volumes dans la durée
  • solidarité avec les producteurs par le préfinancement des récoltes.
    C’est le principe des AMAP (Association de Maintien de l’Agriculture Paysanne).
    Déjà, des opérateurs spécialisés ont œuvré dans cette démarche citons : BIOCOOP, Alter Eco et Ethiquable.

Et le Prix ?

L’important c’est de payer le juste prix qui rémunère le travail du producteur. Les produits issus du commerce équitable ne sont pas forcément plus chers, ils se situent généralement au niveau supérieur des marques nationales.

Quelles sont les actions mises en place sur Alfortville ?

Labellisée « Territoire de commerce équitable » depuis 2009, notre ville a intégré dans sa commande publique :

  • des distributeurs de café équitable dans les services
  • du jus dans les réceptions et dans les réunions.
  • un vêtement professionnel en coton équitable. ( 2017)
  • la banane et le chocolat équitables dans toutes les crèches.

    Aujourd’hui sur la ville on a :

  • une AMAP,
  • Les Cabas Paysans d’Alfortville, sur adhésion.
  • deux commerçants qui font des produits issus du commerce équitable : Point Nature rue Victor Hugo, et le chocolatier Corné Port-Royal rue P.V.C.